DALF C1 · Sujet d’entraînement n°1
Corrigés types, compréhension écrite, production écrite et production orale
Épreuve 2
Corrigé, compréhension des écrits
L’article présente les principaux usages des pesticides, l’évolution de leur consommation en France, leurs effets sur l’environnement et la santé, ainsi que les mesures publiques destinées à en réduire l’emploi et les risques.
Réponse b : les herbicides. Ils représentent 46 % des ventes de produits phytosanitaires en France en 2023.
Faux. Leur part a diminué : elles représentaient 16 % des quantités vendues en 2023, contre 32 % en 2010. Les substances CMR de catégorie 1 ne représentaient plus que 0,1 % des ventes.
L’air, par volatilisation ou dispersion pendant l’épandage ; l’eau, par infiltration et ruissellement vers les rivières et les nappes ; les sols, où certaines molécules peuvent s’accumuler durant plusieurs décennies.
Une exposition prolongée est associée à certains cancers, notamment les lymphomes non hodgkiniens, les myélomes multiples et le cancer de la prostate. Des atteintes neurologiques sont également observées, en particulier la maladie de Parkinson, reconnue comme maladie professionnelle.
Réponse b : elle évalue les risques, délivre ou retire les autorisations de mise sur le marché et surveille les résidus présents dans l’alimentation, l’eau et l’environnement.
Cette expression désigne une exposition étendue et indirecte de la population générale, y compris des personnes qui n’utilisent pas de pesticides, par l’intermédiaire de l’air, de l’eau, de l’alimentation ou de produits courants.
La difficulté consiste à diminuer fortement la dépendance aux produits phytosanitaires tout en maintenant une agriculture performante. Les alternatives progressent, mais elles ne remplacent pas encore tous les usages, notamment celui des herbicides.
Réponse b : informatif et nuancé, appuyé sur des données chiffrées. L’article expose les risques, mais aussi les évolutions réglementaires et la diminution de certaines substances.
Les ZNT sont des espaces de protection établis autour des habitations et des lieux accueillant des personnes vulnérables. L’utilisation de pesticides y est limitée afin de réduire l’exposition directe des riverains et des professionnels pendant les épandages.
Épreuve 3
Corrigé type, production écrite
Exercice 1, synthèse de documents
Le gaspillage alimentaire, un défi partagé
Le gaspillage alimentaire constitue à la fois un problème environnemental, économique et social. En France, des millions de tonnes de déchets alimentaires sont produites chaque année. Une partie correspond à des éléments non comestibles, mais une quantité importante d’aliments encore consommables est perdue. Toutes les étapes de la chaîne sont concernées, depuis la production et la transformation jusqu’à la distribution, la restauration et les ménages. Ce gaspillage mobilise inutilement des terres et de l’eau, tout en générant des émissions de gaz à effet de serre évitables.
Pour y répondre, les pouvoirs publics ont progressivement renforcé la législation. La prévention est prioritaire, avant le don, la transformation, l’alimentation animale ou la valorisation énergétique. Les distributeurs et certains acteurs de la restauration ou de l’industrie doivent proposer leurs invendus à des associations et ne peuvent détruire des produits encore consommables. Des objectifs nationaux de réduction ont également été fixés.
Toutefois, les règles ne suffisent pas. Les professionnels doivent mieux prévoir les quantités, adapter les portions, valoriser les produits imparfaits et faciliter la récupération des restes. Les consommateurs peuvent, de leur côté, planifier leurs achats, conserver correctement les aliments et distinguer la date limite de consommation de la date de durabilité minimale. La réduction durable du gaspillage dépend donc d’une action coordonnée de l’ensemble des acteurs.
225 mots
Exercice 2, essai argumenté
Réduire le gaspillage : changer les comportements et le système
Lorsque nous jetons un reste oublié dans le réfrigérateur, notre responsabilité paraît évidente. Pourtant, faire du gaspillage alimentaire un problème essentiellement individuel serait réducteur. Les choix des consommateurs comptent, mais ils sont largement influencés par l’organisation de la production et de la vente.
Chacun peut agir à son niveau. Préparer une liste de courses, vérifier ses réserves, cuisiner les restes ou congeler les portions non consommées sont des gestes simples. Une meilleure compréhension des dates est également indispensable : un produit ayant dépassé sa date de durabilité minimale n’est pas nécessairement dangereux. L’éducation peut donc éviter une partie des pertes domestiques.
Cependant, les particuliers ne décident ni du calibrage des fruits et légumes, ni du format des emballages, ni des promotions qui encouragent les achats excessifs. Les producteurs, les industriels, les distributeurs et la restauration doivent aussi revoir leurs pratiques. Ils peuvent améliorer leurs prévisions, proposer plusieurs tailles de portions, vendre à prix réduit les produits proches de leur date et organiser les dons. Sans règles communes, les efforts volontaires risquent de rester limités ou de pénaliser les entreprises les plus engagées.
L’action politique est donc essentielle pour fixer des objectifs, contrôler leur application et rendre les solutions accessibles. Elle doit néanmoins s’accompagner d’une évolution des habitudes. Opposer responsabilité individuelle et responsabilité collective n’est finalement pas pertinent : les institutions doivent créer un cadre efficace, tandis que les citoyens doivent utiliser les possibilités offertes. La lutte contre le gaspillage ne réussira que si toute la chaîne alimentaire agit dans la même direction.
281 mots
Points à vérifier dans une copie
- Une introduction courte qui reformule la question.
- Une position claire et nuancée.
- Des arguments développés et illustrés par des exemples.
- Des connecteurs variés : toutefois, en revanche, par conséquent, certes, néanmoins.
- Une conclusion qui répond précisément à la problématique.
Épreuve 4
Corrigé type, production orale
Problématique possible
Dans quelle mesure les protéines alternatives peuvent-elles rendre notre alimentation plus durable et plus souveraine, sans créer de nouveaux problèmes économiques, sanitaires ou culturels ?
Plan possible pour un exposé de dix minutes
- Une réponse à des limites devenues évidentes : poids environnemental de l’élevage, consommation de terres et de ressources, dépendance aux importations, croissance des besoins alimentaires.
- Des solutions diverses et prometteuses : légumineuses, protéines de pois ou de soja européen, algues, insectes, fermentation et viande cultivée ; bénéfices possibles pour l’environnement, l’innovation et la souveraineté alimentaire.
- Une transition qui doit rester prudente et accessible : coût, goût, degré de transformation, acceptabilité culturelle, réglementation, conséquences pour les agriculteurs et inégalités d’accès.
Exemple d’exposé
Notre modèle alimentaire repose encore largement sur les protéines animales. Or l’élevage mobilise une part considérable des terres agricoles et contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Dans le même temps, la France et l’Europe cherchent à réduire leur dépendance à certaines importations. Les documents proposés présentent les protéines alternatives comme une réponse possible à ces défis, mais ils montrent aussi que cette transition ne sera ni immédiate ni uniforme. On peut donc se demander dans quelle mesure ces nouvelles protéines peuvent réellement répondre aux besoins alimentaires de demain.
Premièrement, leur développement répond à plusieurs limites du système actuel. Une grande partie des surfaces agricoles sert à nourrir les animaux plutôt que directement les humains. Les cultures importées occupent aussi des millions d’hectares hors du territoire national. Remplacer une partie des protéines animales par des légumineuses ou d’autres solutions permettrait donc de libérer des terres, de soutenir l’agroécologie et de réduire certaines émissions. Il ne s’agit pas nécessairement de supprimer la viande, mais d’en diminuer la place dans l’alimentation.
Deuxièmement, les protéines alternatives forment un ensemble très varié. Les protéines végétales sont déjà connues et peuvent être produites localement. Les pois, les lentilles, les fèves ou le soja européen présentent l’avantage d’être relativement bien acceptés. D’autres solutions, comme les algues, les insectes, la fermentation de précision ou la viande cultivée, ouvrent des perspectives intéressantes. Elles pourraient diversifier l’offre, stimuler la recherche et améliorer la souveraineté alimentaire. Toutefois, ces innovations n’ont pas toutes atteint le même degré de maturité.
Enfin, les bénéfices annoncés ne doivent pas masquer les difficultés. Le prix demeure déterminant : une alimentation durable réservée aux consommateurs aisés ne constituerait pas une véritable transition. Le goût et les habitudes culturelles jouent aussi un rôle majeur. Beaucoup de personnes accepteront plus facilement un plat à base de lentilles qu’un insecte entier ou une viande produite en laboratoire. Il faut également examiner la composition nutritionnelle et le degré de transformation des nouveaux produits. Une étiquette végétale ne garantit pas automatiquement un aliment équilibré. Enfin, la transition doit accompagner les agriculteurs au lieu de fragiliser leur activité.
À mon sens, les protéines alternatives peuvent donc contribuer fortement à l’alimentation de demain, à condition de ne pas être présentées comme une solution miracle. La priorité devrait aller aux aliments végétaux simples, locaux et accessibles, tout en poursuivant la recherche sur les technologies plus récentes. L’objectif le plus réaliste n’est pas de remplacer totalement les protéines animales, mais de construire un équilibre dans lequel elles occupent une place moins centrale et où les choix alimentaires sont à la fois durables, sûrs et socialement acceptables.
Questions possibles du jury
Faut-il chercher à supprimer complètement la viande ?
Non. Une réduction progressive paraît plus réaliste qu’une interdiction. Elle permettrait de diminuer l’impact environnemental tout en respectant les habitudes et les besoins particuliers. La qualité et les conditions de production peuvent devenir plus importantes que la quantité.
Un produit végétal est-il nécessairement meilleur pour la santé ?
Non. Il faut distinguer les légumineuses peu transformées des produits industriels comportant de nombreux additifs, du sel ou des matières grasses. Il convient d’évaluer la composition réelle plutôt que de se fier uniquement à l’appellation « végétal ».
Comment convaincre les consommateurs ?
Le goût, le prix et la simplicité d’utilisation sont essentiels. L’information environnementale peut aider, mais elle ne suffira pas si le produit est trop cher ou ne procure aucun plaisir. La restauration collective peut aussi familiariser progressivement le public avec de nouvelles recettes.
Quel rôle l’État devrait-il jouer ?
Il peut soutenir la recherche, accompagner les agriculteurs, développer les filières locales, contrôler les allégations nutritionnelles et rendre les produits durables accessibles. Il doit aussi assurer une information transparente sans imposer brutalement un modèle unique.
